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Flagrant délires, délices du foot

Merci Bernard Jeunejean 
 
Partant du principe que toute pub est bonne à prendre, surtout quand elle est gratuite, je tiens à remercier Bernard Jeunejean pour les quelques lignes qu’il a consacrées à mes “délires” dans son Point de vue de Foot Magazine du mercredi 2 octobre. 
Sachez, Monsieur Jeunejean, que j’ai beaucoup ri également en lisant les multiples aventures de Marcel et Georgette dont vous êtes l’auteur. 
Sans flagornerie déplacée ni renvoi d’ascensceur, vous êtes l’un des derniers membres de la rédaction de votre hebdomadaire qui me font encore hésiter quant à la résiliation de mon abonnement... 
 
Voici le texte de Bernard Jeunejean. 
 
“Fin août, quand Stoica eut enfin trouvé un club, je suis tombé sur une fiction anonyme et à mourir de rire dans La Gazette des Sports. Elle racontait la première journée d’Alin à Bruges, je me suis retenu de mourir et j’ai cherché qui avait pondu ce petit bijou d’humour : un peu gras mais beaucoup réussi, d’autant que je digère personnellement l’humour gras sans nul noeud dans l’estomac., comme un vrai Belge qui adore les frites. J’ai fouiné sur le Web, j’ai trouvé le bonhomme, je vous recommande sa prose : il s’appelle Ben, mais ce n’est pas moi, il a un site à lui où vous apprendrez tout de lui (NDLA: pas vraiment out Monsieur Jeunejean. Si vous saviez...) (ben/populus.ch/), et il est dingue de foot. 
Il pond régulièrement ses railleries footeuses autant qu’inénarrables, j’ai imprimé les 24 pages, et j’ai ri pour mon argent. C’est sans cesse drôle, ça dénote une parfaite connaissance de tous les potins qui font le foot belge, et tout le monde passe à la moulinette de l’impertinence de Ben... avec une préférence marquée pour les personnalités mauves et rouches! Surfez et riez, ça fait du bien par où ça passe.”
 
 
 
 
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Boerenfeest, demandez le programme ! 
 
(1/5/2003) 
 
Dans toute la Flandre occidentale résonnent les cris des cochons qu’on égorge. C’est que samedi, c’est ripaille ! Si le Club de Bruges prend un point , il sera sacré champion de Belgique. Et la Venise du Nord, en effervescence, met les petits plats dans les grands pour fêter « de titel van Bruhhe » et ses « sterke spelers ». 
 
Voici le programme mis au point par les autorités et la direction brugeoises. 
 
15h00 : première édition du « Run & spring » qui consiste, par analogie à une célèbre coutume espagnole, en un lacher de taureaux dans les rues de Bruges. 
17h15 : accueil des VIP au stade. Distribution de pains-saucisses dans les loges. 
18h00 : ouverture des portes du stade et distribution de casques de vikings en plastique aux supporters pour rendre hommage à Sollied, Lange et Saeternes. 
18h15 : des hôtesses vendent des billets de tombola dans les tribunes. A gagner : des ballots de foin dédicacés par les joueurs et des remorques de lisier de porc pour « fortifier les pelouses ». 
18h30 : tournoi de catch féminin sur la pelouse. 
19h00 : concours de lancer de fourches (catégorie poids lourds) sur la ligne médiane. 
19h45 : remise d’un porcelet à Zean-Luc, élu supporter de l’année par les abonnés de l’Olympiapark. 
19h50 : remise d’un Sifflet d’or à Frank de Bleeckere. 
19h58 : l’équipe de Saint-Trond remet une caisse de pommes du Limbourg aux joueurs brugeois. 
20h00 : début du match. Le coup d’envoi est donné par Dikke Lul, un vieux pote d’Alin Stoica… 
20h45 : élection de Miss Grosse KV Brugge. Qui de Groffe Rita, Vette Elke, Jeaneke ou Franje remportera un maximum de suffrages à l’applaudimètre ? 
21h44 : Alin Stoica monte au jeu. 
21h45 : envahissement programmé du terrain. Il est demandé aux supporters de laisser au moins leur slip aux joueurs. 
22h00 : feu d’artifice avec les munitions périmées de la base militaire toute proche de Lombardsijde. 
23h30 : les joueurs font un tour d’honneur de la ville perchés sur des moissonneuses-batteuses. 
So long the night… 
 
(NB: une version avec smileys se trouve sur le forum.) 
 
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Bientôt sur vos écrans 
 
De véritables enfants de la balle. Ils ne pensent qu’à une chose : leur club ! De golf. Ils ne rêvent que de parcours glorieux, de greens et d’un destin à la Tiger Woods.  
De Hong Kong à Knokke-le-Zoute, ils courent le monde à la recherche de la gloire perdue. Vous leur dites « par », ils ne vous répondent pas Zetterberg mais bien nombre de coups minimal pour envoyer la balle dans le petit trou. 
Lentement, mais sûrement, ils sont occupés à détricoter Anderlecht. Roger et Philippe forment… 
 

LE GANG DES GOLFEURS !
 
 
Godverdjû, les vieux auront-ils la force de leur résister ? 
 
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Colin Powel a montré ces preuves accablantes à l'ONU 
 
Ca y est ! Les USA les ont localisés! 
 
 
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Chantons ensemble 
 
Sur l’air de Laurel et Hardy 
 
C’est moi Dante, c’est toi Enzo 
C’est moi Scifo et toi le Brogno 
On se dispute, mais qu’est-ce qu’on rit 
Nous sommes deux bons ennemis 
 
Quand l’un y va, l’autre le suit 
Toujours ensemble, toujours unis 
On se tape dessus, mais qu’est-ce qu’on rit 
Charleroi, c’est Napoli 
 
Quand je fais de grosses bêtises, 
Dante se met à intriguer, 
Parce que ma place il veut me la piquer… 
 
 
 
Quand je fais de grosses bêtises, 
Enzo va me dénoncer 
Mais je suis vite pardonné, 
Bayat n’est pas rancunier
 
 
C’est moi Dante, c’est toi Enzo 
C’est moi Scifo et toi le Brogno 
Rendez mes sous, ou je deviens sot 
Et j’vole dans les plumes de Brogno 
 
Tu les auras pas, moi je te le dis, 
T’as tout perdu, et franchement j’en ris 
Toi t’es parti et moi je suis ici, 
Et arrivederci !
 
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Le label neuneupeï 
 
(1e février 2003 : après le report forcé du match Anderlecht-Standard par Michel Verschueren, de nombreux supporters d’Anderlecht viennent narguer les supporters rouches sur leurs forums. Une réponse…) 
 
Rien ne ressemble plus à un neuneupeï qu’un autre neuneupeï. Mais qu’est-ce qu’un neuneupeï ? Il s’agit de la forme avancée du neuneuket, sorte de gnome mononeurone avec des yeux enfermés dans des œillères naturelles et arborant un cou disproportionné par rapport au reste de sa misérable enveloppe. Des tous ses orifices suintent la suffisance et l’arrogance, laissant à chaque passage une traînée de prétention à faire baver le plus gros des escargots. 
Le neuneupeï n’aime pas être contredit car il estime que son biotope, ou plutôt l’endroit ou il vit (car « biotope » est un mot trop compliqué pour un neuneupeï) est ce qu’il se fait de mieux sur cette Terre. 
Aussi, lorsqu’il quitte son biotope se comporte-t-il en parasite conquérant. N’oubliez jamais : on ne contredit pas un neuneupeï ! Le neuneupeï a un palmarès derrière lui. Il n’apprécie que le beau jeu que l’on ne pratique forcément que dans son biotope. Vous êtes juste dignes d’écouter les leçons prodiguées par les neuneupeïs. 
Ne dites jamais à un neuneupeï qu’il est favorisé par les forces obscures, c’est faux. Et quand bien même ce serait vrai, ce ne serait que normal car les neuneupeïs sont les êtres élus. 
Nous avons cru qu’une épidémie de debleeckerite aiguë ferait tomber leurs œillères et dégonfler leurs cous proéminents. Il n’en fut rien. Les conditions météorologiques de ces derniers ont entraîné une migration agressive et conquérante des neuneupeïs sur les terres des autres. Offusqués les neuneupeïs ! Allons, ce ne sont quand même pas eux qui déterminent la météo… 
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Mister M., comme... météo 
 
(29/1/2003 - On annonce des chutes de neige le jour d'Anderlecht-Standard) 
 
Alleï bonswèèrrre,  
 
Nathalie Winden étant momentanément bloquée dans une tempête de neige, c’est moi, Mister Michel, qui vais vous communiqueï la météo sur RTL. Il fait froid, vous ne trouvez pas ?  
Et foi de Mister Michel, ça ne va pas s’arranger, hein les peïs. A cause de l’anticyclône des Essores qui s’est fortement éloigné ces derniers jours du Parc Astrid, on prévoit dès ce swèèère, d’importantes chutes de neige sur le stade Constant Vanden Stock. La totale : la neige, le gel, le verglas et des gibouleïs. Blizzard, vous avez dit blizzard... Un seul conseil, restez chez vous, surtout si vous êtes l’arbitre prévu pour siffler cette rencontre. Dis fieu, godferdjûû, tu ne vas quand même pas venir faire des peïs de neige dans le rond central, non ? I have a dream : tu vas rester chez toi !  
On ne va pas non plus pietineï ces magnifiques flocons blancs et purs comme l’inoculée construction... En plus, c’est très dangereux car à cette température-là, les ours blancs qui dorment dans le Parc Astrid vont se mettre en chasse. Et elles sont agressives, hein, ces bestioles-là!  
En outre, des courants d’air froid en provenance de la Russie sibérienne et ayant fait un détour en transit de passage par le Pôle Nord sont annoncés sur la E-40 en provenance de Liège vendredi à partir de 15 heures. Ca va glisseï sur l’autoroute! Il est donc fortement déconseilleï aux cars de touristes, mais aussi et surtout aux cars des joueurs et de supporters de la Cité ardente devenue polaiiiirrrrre de rester bien au chaud chez eux près de leur petite femme chérie qui, j’en suis sûr, se fera un plaisir de les dorloter avec tendresse et amour. Et foi de Mister Michel, l’amour, c’est important, les peïs...  
Je vous signale également que toute circulation sera interdite vendredi dans la rue Théo Verbeeck pour cause de passage de pingouins en migration. A Anderlecht, on respecte l’écologie écologique et environnementale, fieu.  
Par ailleurs, le peloton de gendarmerie de haute montagne de Bourg Saint-Maurice est spécialement venu des Alpes hier pour inspecter le stade Constant Vanden Stock et la conclusion de ces spécialistes est sans aucune ambiguïteï : le risque d’avalanche de neige dans les tribunes est beaucoup trop élevé et, en tant qu’organisateur, nous ne voulons pas vous faire courir de risques.  
C’est donc la mort dans l’âme que je recommande la prudence et la remise de ce match à une date où Aruna et Vanderhaeghe ne seront pas susp... Oups, ma fourche a langueï. Allo, le studio ? Dis fieu, on peut la refaire là ? 
 
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Ca va se savoir, hein fieu ! 
 
(13/1/2003, Gilles De Bilde s'en prend à Hugo Broos dans la presse) 
 
La petite salle des studios d’AB3 est pleine à craquer. Tout le monde attend la star ! Et soudain, la voilà. Simon Monceau entre sous les cris et les applaudissements en courant. Et sans tarder, il appelle son premier invité, Gilles. 
Simon Monceau : Alors, Gilles, racontez-nous ce qui vous arrive. 
Gilles : Et bien voilà, voici quelques mois, j’ai fait la connaissance d’un homme que j’estimais beaucoup. Tout en lui me plaisait. Son regard, sa façon de me parler, de m’encourager, de m’accepter tel que je suis, la confiance que je le voyais placer en moi… 
Simon Monceau : Avez-vous l’impression qu’il partageait vos sentiments ? 
Gilles : C’est difficile à estimer. Je crois qu’il m’appréciait pour ce que je représente, pour mon passé. Même si je suis bien conscient que je ne lui ai pas donné tout ce que j’aurais pu… 
Simon Monceau :Pourtant, vous vous êtes dévoilé, sans fausse pudeur, Gilles. (long silence) Gilles ? 
Gilles : Euh, oui, je me suis fait des mèches blondes et j’ai été jusqu’à poser nu pour un magazine flamand, Menzo. Pour lui, pour lui prouver que j’existe. 
Dans la salle, le public hurle son indignation ! 
Simon Monceau : Mais malgré cela, son cœur a balancé pour un autre. C’est ça, Gilles ? 
Gilles (ému, après un silence et des soupirs) : Oui. Il a rencontré un beau Yougoslave, un certain Nenad. Depuis lors, c’est le coup de foudre entre eux. Il ne jure plus que par lui, et il m’a relégué plus loin qu’au second rang. Dorénavant, il me nie, il m’ignore. Il a brisé mon cœur sur l’autel de sa tactique basée sur ce mercenaire. 
Le public : Ouuuhhhhhhhhhhhh ! Le salaaaaaaaauuuuuuuuuuddd ! 
Simon Monceau : Le point de non-retour est atteint, Gilles ? 
Gilles : Je le crains, oui… 
Simon Monceau : Gilles, cet homme, il est ici avec nous. Entrez Hugo ! 
Le public est en folie et Hugo s’avance sur la petite scène. 
Simon Monceau : Hugo, vous vous retrouvez face à Gilles. Il vous aimait, il souffre, et maintenant, il vous allume dans les journaux. Que pouvez-vous lui dire ? 
Hugo : Je n’ai rien à lui dire, sinon d’aller s’entraîner. Et de se taire ! 
Gilles, furieux : Mais pourquoi me fais-tu ça ? Qu’est-ce qu’il a de plus que moi ce Nenad ? 
Hugo : Tu veux vraiment le savoir, Gilles ? C’est une vraie bombe, un mec, un vrai. Avec lui, pas de tralala, de préliminaires, il ne tourne pas en rond. Puissant et viril, il frappe, il a de l’endurance et il est efficace à la conclusion. Du pur plaisir. T’as fait ton temps, Gilles, t’es un has-been… 
Le public siffle et Gilles n’en peut plus ! Il se lève pour se jeter sur Hugo et lui régler son compte. Les mastodontes d’AB3 le retiennent in extremis. 
Simon Monceau : Vite, faites entrer la belle-mère ! 
Mister Michel, sous les huées : Et alors, ici, qu’est ce que c’est que ce bastringue ?  
Simon Monceau : Michel, calmez-vous. Je vous résume la situation : Gilles aime Hugo. Mais Hugo n’aime pas Gilles mais est fou de Nenad. Nenad que, par ailleurs, Gilles n’aime pas parce qu’il est fou d’Hugo. Ce dernier feint d’ignorer les sentiments de Gilles mais… 
Mister Michel : Vous allez arrêter vos couillonnades, hein les peïs. Les confessions télévisuelles, j’en ai ras le stoemp de carottes, hein. La dernière fois, avec le vieux, sans la prescription, on était cuit, foi de Mister Michel… 
Gilles, en pleurs : Oh, toi la vieille, tu l’as toujours défendu. Et ton cœur est aussi dur que la brosse à reluire qui te sert de coiffure. Tu ne comprends rien à l’amour ! 
Mister Michel : Gilles, I have a dream. On va rentrer sagement à la maison. Et on va s’asseoir autour d’une table pour discuter. Calmement, sagement. 
Gilles : Cet homme m’a brisé. Qu’y a-t-il encore à discuter ? 
Hugo, en rage : Ton transfert à Dubaï, espèce de décolorée ! 
Huées, cris de rage du public… 
Mister Michel : Maintenant, ça suffit, hein les sukkeleers. On rentre à la maison. 
Gilles et Hugo quittent le plateau sans se regarder. Les spectateurs de ce drame passionnel restent sur leur faim et huent les acteurs de ce triste vaudeville. 
Mister Michel se retourne vers Simon Monceau : Dis fieu, tu ne serais pas le petit frère de Frank Baudoncq, toi? 
 
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Les vœux de Noël du Roi Alphonse 
 
Mes chers compatriotes, mes chers consupporters, 
 
La nouvelle demi-saison qui arrive sera riche en heureux événements pour notre famille. Je vous annonce en effet le retour au château d’un enfant égaré de la maison, Marc-le-Braillard qui s’était perdu en Teutonie. Certes, il a pris l’un ou l’autre kilo et est passé moultes fois sur la table et sous les scies de l’enchanteur. Mais je suis persuadé qu’il apportera son énorme expérience à nos armées. Et puis, il n’a certainement pas perdu sa gouaille légendaire. 
 
L’année qui s’est écoulée fut pénible pour notre royaume. En effet, à la fin de l’an passé, nous avions l’ambition de terminer premiers au tournoi annuel des chevaliers. Las, nous avons lamentablement échoué. Des traîtres à notre cause ont perfidement alourdi le climat paisible qui régnait sur notre royaume. De ce fait, nous n’avons pu mener notre mission sacrée à bien. Nous aurions aimé pourfendre les Gueux de la Capitale et occire les barbares de la Venise du Nord. Mais le destin en a décidé autrement et la Divine Providence a éloigné ses vents favorables de notre royaume. 
 
Qu’importe. Durant la saison chaude, nous avons remotivé nos troupes et leur avons adjoint l’expérience d’un chef de guerre Rob-l’Ecorché. Il sortait d’une campagne victorieuse dans les steppes de l’Extrême-Orient, même s’il avait eu maille à partir avec quelques paysans aux origines ménapiennes. Las, à nouveau, repu de sa gloire, il n’a pu transformer nos soldats en tueurs. Et c’est la mort dans l’âme, après avoir consulté bien des sorciers, égorgé douze poulets et cinq moutons pour me calmer, que j’ai dû me résoudre à me séparer de lui. Une partie du peuple me réclamait sa tête sur un plateau. Mais je lui ai laissé la vie sauve ! 
 
Le frère de notre allié Lucien-le-Débonnaire a repris le flambeau et notre armée est enfin redevenue conquérante. Atomisés les gnomes bleus du Comte de Limbourg ! Etripés les sauvages de la Flandre orientale. Eliminés, égorgés les nabots carolorégiens. Nos troupes volent de nouveau de conquêtes en conquêtes. 
 
MAIS ! L ‘Ombre nous menace. Ces hommes en noir qui nous tendent moultes guets-apens. Peste soit de ces corbeaux maléfiques et que la Divine Providence nous protège de leurs méfaits. Mon gourou vient d’étriper une oie et a lu dans ses entrailles que rien ne changera à l’année nouvelle. Nous devrons donc être encore plus vaillants pour vaincre. Quant à ces corbeaux, je fais le serment devant Dieu d’en noyer un dans les douves de notre château… 
 
Mais trêve de vengeance. Les Finances du Royaume sont au beau fixe. Néanmoins, pour faire face aux importants efforts qui nous attendent, j’ai dû revoir à la hausse votre contribution à notre effort de guerre. Il vous en coûtera donc quelques écus supplémentaires pour franchir le pont-levis de notre château. De même, le tarif des amendes imposées aux soldats qui ne feraient pas obédience à ma royale personne a-t-il été revu à la hausse. Je compte sur la compréhension de tous mes sujets. 
 
Que Dieu vous garde, vous, vos familles et surtout vos bourses ! Je fais le vœu qu’en l’an de grâce 2003, nos armées reprennent enfin leurs vraies places et que nos finances ressemblent à de grasses vaches !  
 
Nous leur pèlerons le jonc comme au baillis du Saint-Guidon ! 
 
Ma Reine et moi, nos bouffons et valets, vous souhaitons d’égorger la dinde de Noël dans la joie et l’allégresse. 
 
Actualisation... 
 
En ce 24 décembre de l'an de grâce 2002 a été mis fin à la tyrannie et à l'obscurantisme régnant sur le royaume de Sclessin.  
Le roi Alphonse a été chassé du trône et condamné au bannissement ad vitam eternam.  
Que la lumière se lève, que le jour réapparaisse et que le félon emporte avec lui sa suite et les forces obscures qui l'ont amené à un pouvoir qu'il ne méritait point.  
Oyez, oyez, bon peuple de Sclessin. La paix est revenue, la disette s'éloigne et que chacun puisse désormais s'esbaudir en toute quiétude.  
 
Prononcé par nous ce 24 décembre de l'an de grâce 2002,  
 
L'Empereur Robert-Louis  
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Bruges-Anderlecht : la guerre du golf 
 
Samedi 7 décembre 16h50. Une sonnerie de GSM déchire la quiétude du parcours de golf du Bercuy, dans leBrabant wallon. « Godverdjû », grommelle le propriétaire de l’engin. Au bout de ligne, le correspondant hurle comme un possédé : »Allo, président, godverdorie ! On a perdu à cause de cette enflure de ziever de De Bleeckere ! » 
Roger : Du calme hein Verschueren. De quoi tu parles, là fieu ? Le match est à 20 heures, non ? Les réserves ont perdu ? Et alors ? 
Mister Michel Ma zeg, président, on jouait à 15h00 hein… Et on a encore perdu à cause du rèfèrè ! 
Roger Quel arbitre Verschuren ? L’employé de Dexia comme l’an passé ? 
Mister Michel : Mais non hein, De Bleeckere, un petit peï à moustache qui vend des cravates… Il a exclu De Boeck et le Yougovic en cinq minutes. Résultat : patates, deux goals ! Le sukkeleer… 
Roger : Dis Verschueren, t’avais qu’à t’arranger avec Marcel Van Langenhove, celui qui est chargé d’accueillir et d’entretenir de bonnes relations avec les rèfèrès, hein fieu ! On te paye à quoi, toi ? Vous lui avez pas envoyé une montre « rsca.be » en début de saison ? 
Mister Michel : Ja, ma je dois vèrifier avec le Marcel… 
Roger Il vend des cravates tu dis ? OK, commande lui un stock de 25.000 cravates aux couleurs d’Anderlecht, et on n’en parle plus, on sera champion l’année prochaine… 
Mister Michel : Ja président, en attendant, le titre il est perdu, hein… 
Roger On en a déjà 25, Verschueren… Et tu interromps ma partie de golf pour ça fieu ? Tu viens me parler de ton titre alors que j’allais battre le record sur ce superbe parcours… Mais ça va pas dans ta tête en-dessous de ta brosse, hein ! 
Mister Michel : Président, Hugo Broos est furieux. Il raconte à la presse qu’on a été volés… 
Roger : Verschueren, dis-lui qu’on ne le paye pas pour raconter ses salades, même si elles sont vraies, mais pour bien faire jouer notre équipe. Et s’il veut parler de vol, qu’il sache que c’est peut-être lui qui volera le premier. Dehors, fieu ! 
Mister Michel : Pas de panique, hein président. On a encore besoin de lui… 
Roger : Ah oui ? Et bien qu’il gagne des matches fieu, comme ça on ne me dérangera plus en pleine partie de golf ! Et toi, Verschueren, dépêche-toi de commander les 25.000 cravates et d’envoyer une montre « rsca.be » qui fonctionne à ce Monsieur De Bleckallaerts. Et maintenant, je coupe mon gsm. Salut fieu. 
Roger appelle sa douce et tendre épouse qui conduit son petit chariot de golf : « Tiens Kiki, tu gardes ce gsm et tu ne l’ouvres pas avant la fin du parcours. Commence à m’énerver le football. Faut vraiment que je pense à ma succession hein feï… » 
 
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La Saint-Nicolas des enfants au Standard 
 
(6/12) 
 
Et qu'est-ce qu'il a apporté aux chtis z'enfants sages le grand Saint ?  
 
- Une balance électronique pour Van Meir  
- Des gants antidérapants pour Carini  
- Un aller simple pour Anvers pour Harald Meyssen  
- Un laissez-passer permanent pour Enak' au Comité sportif de l'Union belge  
- Une gentille petite mangouste (qu'elle est mimi la bêbête...)pour Drago, chargée de chasser les serpents du vestiaire  
- Une pot de gomina (de chez L'Oréal svp!) pour Johan Walem  
- Un pot de vitamines et de stimulants pour le brave Godwin  
- Un peignoir en satin et de beaux néons rouges pour le gentil Mika  
- Une méthode "J'apprends à parler français à l'interview" pour le grand Gonzague  
- Un peigne pour MPH  
- L'ouvrage "La photo pour les débutants" pour Joseph Simul  
- Un fouet et des menottes pour le petit Alphonse 
 
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La nouvelle agriculture politique 
 
(5/12/02: Marc Wilmots va se présenter aux élections sur les listes du MR pour le Sénat) 
 
Séance d’intronisation au Sénat. Le monde politique se retrouve après les élections. La salle ronronne de bonheur et les convives s’échangent des « félicitations cher ami… » à qui mieux mieux. Le champagne coule à flots. Parmi les nouveaux sénateurs, un petit nouveau, Marc Wilmots du MR, parti qui selon Alain Courtois, prône « la générosité et l’ouverture ».  
L’ambiance est guillerette en ce jour de reprise. Et Marc Wilmots, en leader naturel qu’il est, monte à la tribune et demande au président du Sénat, Armand De Decker, de lui accorder la parole, avant de l’envoyer en bas de l’estrade d’un coup de fesse bien placé. Ah, les vieux réflexes du terrain !  
Et Willy plonge sur le micro avant d’entamer son monologue.  
 
« Bonjour, c’est moi votre nouveau capitaine et je vais vous expliquer ce que j’attends de vous. Tout d’abord, un petit souhait. L’aménagement du Sénat est vieux et ringard. A Schalke, nous disposions d’un club-house avec des fauteuils modernes, un écran géant, un distributeur de boissons gratuites, un snooker, des jeux de carte à profusion et le Bild und Zeitung. J’aimerais dorénavant qu’il en soit ainsi dans cette prestigieuse assemblée. J’en ai parlé à Alain Courtois, il est d’accord. Il se fait fort de réaménager le Sénat dans les cent jours ! »  
Un brouhaha s’élève de la salle. « Silence ! A Schalke, quand je parlais, tout le monde se taisait et il en sera ainsi ici aussi. On n’est pas là pour rigoler… Je vous ai tous bien observés, et une chose m’interpelle : la taille de votre bide. Grosseur et décadence ! A Schalke, quand vous accusiez 10 grammes de plus que votre poids forme, on vous envoyait traverser la Rhur à la nage. Le Sénat doit être un lieu où on pense, pas un endroit où on entretient sa panse, avec un a. Toi, le ventripotent là dans le coin, comment t’appelles-tu ? »  
- JPD : Heu… Jean-Pierre De…  
- Willy : Jean-Pierre d’où ?  
- JPD : Detremmerie de Mouscron.  
- Willy : De Tremmerie ou de Mouscron ? Tu te fous de moi ? A Schalke, quand on se moquait de moi, on prenait un tackle à hauteur des gencives à l’entraînement. Alors, fais gaffe, je t’ai à l’œil !  
- JPD : Mais je proteste ! Je vais en parler à mes onze juristes et ça…  
- Willy : A Schalke aussi, il y avait des juristes. Ebbe Sand et moi, on les a jetés tous nus dans la Ruhr…  
Pendant ce temps, Armand De Decker essaye de regravir péniblement les quelques marches qui le séparent du micro. Un coup de coude dans les molaires et trois escaliers dégringolés plus tard, Wilmots reprend le micro : « le travail à un train de sénateur, c’est fini, ou c’est moi qui vous botterai le train. Regardez-vous, les ventripotents élus de la Nation. Vous ne parlez que de nouvelle culture politique, moi je vais vous apprendre la culture physique. Quelle image de vous donnez-vous aux Belges ? »  
Face à un tel discours, Anne-Marie Lizin (PS) n’en peut plus : « Monsieur Wilmots ! Votre attitude est inqualifiable ! Je proteste énerg… »  
Willy : Qu’est-ce qu’il y a bobonne ? Une poussée de ménopause ? Assieds-toi. A Schalke, les femmes comme toi, on les utilise aux cuisines pour préparer la choucroute !  
Le sénateur indépendant Vincent Decroly cherche alors à calmer les ardeurs du Taureau de Dongelberg : « Alors, Monsieur Wilmots, permettez-moi de vous poser une question, elle-même subdivisée en 14 sous-questions comprenant chacune 3 aspects de la problématique particulière et sous-jacente au problème inhérent à ce jour et… 
Willy : Qu’est-ce qu’il y a mon petit, t’as perdu tes parents ? A Schalke, les petits enfants ne sortent plus de chez eux après 18 heures… Il ne faut pas sortir seul ainsi, Bruxelles est dangereuse de nos jours. Gardes, ramenez le petit chez lui avant qu’il ne lui arrive malheur.  
Et Decroly est évacué du Sénat en protestant de sa bonne foi…  
Willy : Bon, j’espère que les choses sont claires pour tout le monde. Maintenant, vous filez tous aux vestiaires pour la douche. Vous avez transpiré et certains sentent la sueur. Allez vous laver. A Schalke, il y avait une douche pour chaque joueur. Au fait, où sont les vestiaires ici ?  
Caché en-dessous d’une table, Armand De Decker empoigne son GSM et téléphone au siège du MR : « Vite, passez-moi Louis Michel ! » 
__________ 
 
Le divan 
 
(9/11/2002) 
 
Avez-vous remarqué que les traits de Michel Preud’homme sont de plus en plus creusés ? Notre pauvre directeur technique ne dort plus qu’épisodiquement. Son sommeil est entrecoupé d’horribles cauchemars. Au bord de l’épuisement, il a décidé de consulter un psychologue et s’est allongé sur un de ces fameux divans. 
 
Le psy : Et bien, racontez-moi vos cauchemars, ils doivent bien avoir une origine. 
MPH : Tout à commencé en septembre. Durant mon sommeil, une voix me pourchassait en disant : « Michel, pourquoi m’as-tu fait ça ? Oufti allez, je te considérais comme un ami… Michel, pourquoi m’as-tu fait ça, binamé châle ? Pourquoi ? Jamais je ne te pardonnerai… » Et je voyais apparaître une grosse tête ronde avec des lunettes, mais je n’ai pas pu l’identifier car elle était brouillée par de la fumée de cigare, un peu comme un écran Canal sans décodeur. 
Le psy : Et ensuite ? 
MPH : Ca a continué les jours suivants… J’ai entendu une autre voix, familière elle aussi, mais sans visage qui me répétait : « Si tu fais venir Alain Courtois, je t’assomme à coups de balances, je prendrai tout l’argent de ton portefeuille, t’as compris ? Si Courtois débarque, ta vie deviendra un enfer et je te poursuivrai jusqu’au fond des Ténèbres ! » 
Le psy : Vous ne pouvez vraiment pas identifier cette voix ? 
MPH : Non, pourtant, ce rire cynique me rappelle vaguement quelqu’un, mais je ne parviens pas à l’identifier… 
Le psy : Et les cauchemars ont continué ? 
MPH : Oui, c’est horrible… Une tête rondouillarde, un peu dégarnie, est apparue, avec de petite lunettes et un bouc à la Méphisto. Et elle m’a dit : « Michel, tu sais ce que me coûte ce club ? Tu crois que je t’ai fait revenir du Portugal pour obtenir des résultats pareils ? T’es presque aussi mauvais que Scifo. Mais réveille-toi bon sang ! » 
Le psy : Et ? 
MPH : Je me suis réveillé, en hurlant et dégoulinant de sueur ! « Luciano, que fais-tu dans ma chambre ? » ai-je crié. 
Le psy : Vous avez pu l’identifier cette fois-là ? 
MPH : Oui, mais je ne sais pas pourquoi il me dit ça… Et puis, un autre rêve effrayant. J’ai vu le vestiaire de mon lieu habituel de travail transformé en maison de joie. Il y avait des néons et un employé un peu turbulent de ma société qui me disait : « Allez entre, éclate-toi, c’est plein de putes ici ! Le seul problème, c’est qu’elles ne sont pas fichues d’aligner deux passes consécutives… Allez, chéri, viens !»  
Le psy : Pas de nom ?  
MPH : Non, mais à la place de sa tête, je voyais un numéro 11. 
Le psy : Bizarre, lors de notre entretien préalable, vous m’aviez aussi parlé d’une télévision. 
MPH : Oui, durant toute la nuit, j’ai vu un écran tv avec des images d’un match de foot à Lommel. C’était très mauvais, et il n’y avait pas de commentaire. De temps en temps, la tête d’un journaliste chauve à lunettes apparaissait avec un grand sourire et il disait : « T’as vu Michel, c’est vraiment nul hein tes soirées saquées! Ahahahahahaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa… » Alors, je me levais en sueur, je courais dans le salon pour m’emparer de la télécommande et éteindre cette tv, mais rien ne fonctionnait. Et ces mots qui frappaient dans ma tête : « Soirées saquées ! Soirées saquées ! » 
Le psy : je pense que vais vous demander de voir votre médecin et qu’il prescrive des antianxiolytiques. 
Michel : Et ce n’est pas tout, cette semaine, j’ai fait un autre cauchemar horrible ! J’entre dans le vestiaire et je vois… des serpents ! Des petits, des gros, des moches et des pas beaux ! Ils sifflent et persiflent. Vautré dans un coin, un gros python en train de digérer me dit : « Tu ne me reconnais pas ? C’est moi, le gros Eric. Viens te blottir dans mes anneaux. » Un autre, une petite vipère aspic qui dit s’appeler Harald me menace : « Boucle d’or, si je t’attrape, je te mords ! ». Plus loin, un cobra nommé Ali se dandine et me chante : « Aie confiance, crois-en moi… » et son regard m’hypnotise, m’attire … 
Le psy : On va arrêter la séance pour aujourd’hui. Ces souvenirs sont trop pénibles pour continuer à les évoquer. Je vais réfléchir à votre problème. Je vous revois dans une semaine. 
Et le psy appelle sa secrétaire : faites entre le client suivant, Monsieur Hugo B. 
 
___________ 
 
 
Source : le site officiel www.lestandardcestdudélire.be 
 
Après vous avoir présenté la journée-type du jardinier, de la secrétaire, du masseur et de la tienne, du responsable des équipements, du concierge, de la voisine du stade et de la tante ukrainienne du cuisinier, voici celle de notre directeur général bien-aimé Alphonse Costantin. 
 
7h15 : Arrivée au stade. « Merde, j’ai oublié la clé et ce fainéant de concierge dort encore ! » 
7h45 : Virer le concierge et téléphoner à Randstad interim pour en avoir un autre. 
8h00 : Lire la presse du jour. « De quoi se plaignent Lukunku et Goossens aujourd’hui ? Alain Courtois n’a pas encore signé au CDH ? Commence à m’inquiéter cette affaire-là… » 
8h15 : Virer la secrétaire car son café est dégueu. Téléphoner à Randstad pour en avoir une autre. 
8h45 : Téléphoner à la police. Réserver l’escorte pour le retour du prochain match en déplacement. 
9h00 : Prendre des nouvelles du noyau. Qui va se battre avec qui aujourd’hui ? Qui n’a pas envie de courir ? Qui est fatigué du match du week-end ?  
9h30 : Téléphoner à Michel Preud’homme pour le réveiller. 
10h00 : Réunion avec Luciano. Thème : quels sont les joueurs sur une voie de garage à l’étranger qu’on va rapatrier ? 
10h45 : Téléphoner aux sponsors pour les rassurer. « Vous savez, même en D2, le Standard ça reste un nom porteur… » 
11h15 : Rappeler Michel et lui dire de se grouiller ou je lui colle une amende. 
11h30 : Téléphoner au président Reto Stiffler dans les Alpes. Lui réexpliquer pour la quinzième fois que le Standard n’est pas un club de hockey sur glace. « Andouille » (mais ça, je ne peux pas lui dire…) 
12h00 : Repas d’affaire avec un nouveau partenaire commercial potentiel, la SA Prozac. 
14h00 : Passage chez le kiné. A force de regarder le bas de la colonne de droite du classement, j’ai attrapé un torticolis. 
14h45 : Rappeler encore Robert Waseige pour lui redemander s’il ne veut pas abandonner ses indemnités de départ. Il finira bien par céder. 
15h00 : Appeler la nouvelle secrétaire : « Michel est-il arrivé ? » 
15h10 : M’énerve. Virer la nouvelle parce que Michel n’est pas encore arrivé. Téléphoner à Randstad pour… 
15h15 : Réunion avec le « Press Officer » Simul. A quels journalistes va-t-on interdire l’accès au stade ? Y’a pas moyen de faire taire ceux qui n’ont rien d’intéressant à dire ? 
16h00 : Petit plaisir personnel : téléphoner à Detremmerie et lui demander où en est l’engagement de ses 11 juristes. « Parce qu’avec les bourdes administratives que tu commets, ça commence à presser, hein gros… » 
17h00 : Sonner à l’agence de détectives privés : « alors, que fait Courtois en ce moment ? » 
17h15 : Allo Randstad ? Envoyez-moi des CV d’entraîneurs svp. 
17h17 : Alors, ça vient ? 
17h30 : Stiffler au téléphone ? Pas le temps, qu’il s’occupe de ses vaches Milka… 
17h45 : Merde, le nouveau concierge a fermé la grille et j’ai pas la clé ! Virer le nouveau demain à la première heure et téléphoner à Randstad. 
18h15 : escalader les grilles sans se faire voir par la sécurité. 
18h16 : Oh Mazette, que c’est haut… 
18h45 : A l’aide, z’auriez pas une échelle pour m’aider à descendre ? 
20h00 : Me déguiser et faire la rue Varin incognito. Il m’inquiète Goossens avec ses histoires de putes… Qu’est-ce qu’il veut dire ? 
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Confidentiel... 
 
Si Michel Verschueren dort mieux depuis quelques semaines, il en est un autre qui, suite aux rumeurs de ces derniers jours qui annoncent Alain Courtois au Standard, a un sommeil un peu plus agité.  
Pour ne pas lui nuire, nous ne dévoilerons que ses initiales. A.Cos, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a élaboré une subtile stratégie de défense. L'Echo de Ma S@v@ne a pu se procurer ce document , disons... compromettant.  
 
« Confidentiel. Ma stratégie de défense contre l’envahisseur :  
 
- Appeler Verschueren pour savoir comment il a fait  
- Faire monter le nouveau sur la balance à son arrivée  
- Prise de sang pour vérifier son taux de graisse  
- Lui coller une amende pour excès de poids et de graisse  
- Faire croire à la T3 qu’il veut interdire les tifos  
- Faire courir la rumeur que c’est un ancien du O-Side  
- Prétendre qu’il emmène Bertrand Crasson avec lui  
- Annoncer au personnel qu’il va virer tout le monde  
- Déclarer à la presse qu’il prolonge le black-out des joueurs jusqu’à la fin de la saison  
- En appeler à la sauvegarde de l’artisanat et de l’esprit liégeois  
- L’accuser de ne boire que de la gueuze et de dénigrer le péket  
- Donner un faux scoop à un journaliste : il veut Vercauteren comme entraîneur  
- Affirmer qu’il veut réintroduire la bière NA au Toss et dans tous les cafés des alentours du stade  
- Lui demander devant la presse pourquoi il veut rebaptiser notre club le « Standard de Liège Brussels »  
- Placarder des affiches à Liège disant que grâce à lui, Michou va racheter le Bois d’Avroy et The Cup  
- Lui demander d’expliquer devant les journalistes ses réalisations concrètes à Anderlecht  
- Dire à Louis Small qu’il n’aime pas les anciens syndicalistes  
- En dernier recours, le prendre en otage et faire un fort-chabrol. »  
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Lettre d’Alain à Joëlle 
 
(Octobre 2002) 
 
Nous connaissons tous les circonstances dans lesquelles Alain Courtois a quitté le Sporting d’Anderlecht. Depuis lors, ce brillant homme est courtisé par différents clubs de football et d’autres organisations dont des partis politiques. Parmi ceux-ci, le Centre démocrate humaniste présidé par Joëlle Milquet. 
Une source au sein du parti, que nous ne dévoilerons pas, nous a fait parvenir la lettre qu’a adressée Alain Courtois à la présidente du CDh. 
 
“Madame la présidente, 
Chère Joëlle, 
 
Permets-moi d’abord de te féliciter pour la naissance de ton quatrième enfant. J’espère que tes neuf mois de grossesse ont été moins pénibles que mes neuf mois de détresse. 
Voici maintenant plus de trois ans que le CDh suit une cure d’opposition. Moi, je viens de terminer une cure d’amaigrissement...  
Le travail d’un mandataire politique d’opposition demande une certaine expérience que je crois pouvoir apporter à ton parti. Tu n’imagines sans doute pas, en effet, l’opposition à laquelle je me suis frotté ces derniers mois...  
Un point du programme politique du CDH m’inquiète néanmoins un peu. Tu parles de remettre la famille au centre des préoccupations quotidiennes. Or moi, la famille –Vanden Stock faut-il préciser -, je sors d’en prendre... 
Aussi, avant d’éventuellement m’engager avec le CDh, je souhaite poser quelques conditions. Je désirerais que : 
- tu vires tous les nommés Verschuren qui sont affiliés à ton parti; 
- tant qu’on y est, tu mettes aussi tous les Michel à la porte; 
- tous ceux qui ont plus de 70 ans quittent le parti; 
- de même que ceux qui ont les cheveux gris et/ou coiffés en brosse ; 
- tu licencies ceux qui travaillent plus de 80 h par semaine. 
 
Et si je peux me permettre, j’aimerais aussi que tu donnes leur C4 aux amateurs de golf, titulaires d’un compte en banque chez Fortis, détenteurs d’un abonnement gratuit au Sporting d’Anderlecht et autres buveurs de gueuze. 
 
Par ailleurs, j’aimerais connaître la position du parti quant à l’artisanat. 
 
En échange, je m’engage à travailler pour ton parti à un train de sénateur. Et j’ai déjà quelques idées : 
 
- Je propose que l’on ajoute la mention “Brussels” au logo CDh afin de renforcer, via le sigle du parti, la position de capitale de l’Europe de Bruxelles. 
- Dans les cent jours, je me fais fort de débloquer des fonds pour créer un centre de formation des jeunes du CDh à Neerpede. 
- Je m’engage à faire en sorte que le parti ne souffre pas financièrement d’une éventuelle non-qualification pour le prochain gouvernement. 
 
En attendant une réponse à ce propositions, je te prie d’agréer, Madame la présidente, chère Joëlle, mes sincères salutations. 
 
Alain Courtois 
SDF (Sans Défi Fixe)” 
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La confrérie des artisans Saint-Guidon 
 
(Octobre 2002, après le départ d'Alain Courtois, Philippe Collin, dirigeant d'Anderlecht déclare que son club fait de l'artisanat et que Courtois pensait travailler dans une multinationale). 
 
Nous prônons tous un retour aux vraies valeurs d’antan. Et c’est avec une joie non dissimulée que nous avons vu la Confrérie des artisans de Saint-Guidon rejeter les idées mondialistes d’un manager aux dents longues. 
Nous sommes donc allés visiter cette petite entreprise artisanale pour connaître ses secrets et l’origine de son succès. 
Tout y sent bon le vieillot. 
Dès que vous passez le portail, un petit magasin vous propose d’acheter les produits locaux. Produit-phare de la maison : le maillot en laine de mouton du Brabant. Kiki Vanden Stock et ses couturières en fabriquent trois par jour. Elles disposent même d’un pur mouton bruxellois appelé Bertrand. On le tond une fois par semaine car son poil crollé repousse vite et est de bonne qualité. 
Tout, dans ce charmant endroit, sent bon l’artisanat. Poussez l’immense portail en bois. Derrière, Hugo attend les journalistes pour leur raconter ses célèbres fables et proposer une visite guidée. Celle-ci commence par un passage chez Glen, un fermier venu des plaines du Nord. Sa spécialité ? Battre le beurre. A l’ancienne, bien sûr. Sa méthode connaît tellement de succès qu’il est allé en faire la démonstration chez des amateurs norvégiens cette semaine. 
Dans la pièce d’à côté résonnent des bruits sourds. C’est Filip qui tanne le cuir pour fabriquer des gants. Il cherche une solution pour les rendre moins glissants car il a connu quelques problèmes lors d’un concours international en juin 2000. 
En sortant de là, nous croisons Yves et Marc, deux puissants bûcherons qui coupent des arbres à la hache dans le Parc Astrid tout proche. Et que fait-on de ces arbres ? D’abord, du bois à brûler pour que Walter puisse cuire ses pizzas faites maison. Elles sont si délicieuses qu’il ne résiste jamais à l’envie de les goûter. Walter a succédé à un autre enfant de la maison, Enzo. Lui aussi fait dans la pizza, mais il préfère maintenant voler de ses propres ailes et il a ouvert une établissement moderne. 
Avec ce qu’il reste de bois, la maison fabrique du papier. Ce papier est donné au père-fondateur Constant, maître des lieux. Il le transforme en enveloppes qu’il distribue au gré de ses humeurs et des intérêts de la maison. 
Pour éviter les incendies, le bureau de Constant est loin de l’atelier de Michel le Forgeron. Sous ses puissants coups de marteau et dans une chaleur torride, il forge des réputations, un palmarès et une solide barrière de protection contre tous les problèmes. Il travaille parfois avec Roger qui, lui, est un spécialiste des clubs de golf. 
Il n’est pas rare d’y croiser Raymond, un ami de la maison. Il vient régulièrement se faire teindre les cheveux chez le coiffeur et barbier local, Ivica. Ils n’ont rien voulu nous dire sur les secrets de fabrication de cette teinture, si ce n’est qu’elle est faite à base de marron et d’écorce d’acajou. Superbe le Raymond en sortant de là ! Pourtant, la petite histoire raconte que Georges, autrefois un enfant de la maison, y a perdu ses cheveux et doit maintenant porter la moumoute. 
On travaille donc dur à la confrérie de Saint-Guidon. Quand sonne l’heure de la pause apparaît le barde local, Gilles. A la lueur d’une bougie, ce virtuose du luth enflamme véritablement la maison. 
Et Alain-le-manager aurait voulu bouleverser ce tableau idyllique ? Que nenni fieu !  
Ne le répétez pas, mais le nom de José Bové est chuchoté pour remplacer Alain au sein de la Confrérie des artisans de Saint-Guidon. 
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Les 1001 travaux de Mister Michel 
 
(Octobre 2002, Alain Courtois quitte Anderlecht) 
 
Cela faisait neuf mois que Michel V., d’une petite bourgade bruxelloise, dormait mal. Pensez donc. Après plus de trente de bons et loyaux services, voilà que son boss lui mettait un jeune loup aux dents longues dans les jambes. Et pourtant, à longueur de journée, il répandait joie et optimisme en chantant : « Ma petite entreprise,.. connaît pas la crise.. hein fieu ! » 
Et puis le grand escogriffe d’Alain est arrivé. Golden-boy bien fringué à qui on avait fait une bonne piqûre de management dans le pépette. 
« Foi de Mister Michel, ça ne se passera pas comme ça » grommelait-il... Et il a mis les petits plats dans les grands pour l’accueillir. 
« Mon ami Alain ! », s’est-il exclamé en lui servant un vieux café froid de la veille. Michel s’empressa de conduire Alain dans son nouveau bureau, situé juste au-dessus de la laverie du stade. « S’ils résiste aux odeurs des chaussettes de Vanderhaeghe, c’est qu’il n’a plus d’odorat… », ricanait-il en son fors intérieur... 
Mais Alain résista. Pas grave, Michel avait des cartouches en réserve. Notamment un bel autocollant « Supporter KV Brugge » qu’il s’empressa d’aller coller discrètement sur la rutilante Mercedes d’Alain. Les veaux locaux eurent tôt fait de repérer l’autocollant et de démolir le bolide du golden-boy… Mais il en fallait plus pour irriter l’ex-bellâtre de l’avenue Houba de Strooper. 
« Verdomme », grommela Michel. « Je l’aurai ». Du fil électrique dénudé à la prise de courant située derrière le bureau d’Alain à la traditionnelle peau de banane glissée près de l’escalier de son local, du poil à gratter dans le col du veston à l’œuf pourri soigneusement caché dans un tiroir, de l’extincteur programmé pour se déclencher au passage d’Alain Mister aux coups de fils pseudo-anonymes (« Dégage, hein fieu ! Pigé ? »), Michel ne manquait pas d’imagination. Il téléphona même à la terrible Michou, grande supportrice devant l’Eternel.  
« Michou ? C’est Michel feï. Dis, le grand Alain est fou de toi. Mais il attend que tu fasses le premier pas. Demande rendez-vous, et dès que tu le vois, roule lui un patin d’enféééér. C’est son fantasme ! » 
C’est ainsi qu’à sa grande surprise, Alain vit 95 km de tendresse et de volupté se jeter goulûment sur lui dans le parking du stade. Mais… il ne se démonta pas pour autant. 
« Potferdeke ! Foi de Saint-Guidon, je l’aurai ! » tempêta le vieux loup grisonnant. 
Il se rendit chez un marabout africain qui planta des centaines d’aiguilles dans une poupée à l’effigie d’Alain. Celui-ci eut jusqu’à 40 de fièvre et des pustules partout sur le corps mais… il tint bon. 
Le temps passait, et le bel Alain voulait transformer la petite entreprise artisanale en grande multinationale. Croyez-vous que Michel renonça à défendre l’œuvre de sa vie ? Que nenni ! Pour discréditer un peu plus Alain, il fit commander en son nom et livrer au Parc Astrid de nombreux gadgets sado-masochistes tels que fouets, pinces... Idem pour les 35 pizzas quotidiennes commandées au nom d’Alain et à livrer dans le bureau de Roger Vanden Stock. 
Et Alain, qui commençait quand même à se poser des questions, résista. 
Michel continua néanmoins son travail de sape. Ainsi ces affiches signées Alain invitant les éleveurs de mouton du Brabant à venir faire déguster la pelouse du Parc à leurs bébettes. Ce qui fit entrer Constant dans une colère.. rouge. Vite les pilules bleues ! 
Là, c’en était trop. Alain fut appelé dans le bureau présidentiel. « Maintenant, ça suffit », s’entendit-il dire. La sentence de Roger tomba comme un club sur une balle de golf : « Alain, tu en as trop fait, tu es licencié ! » 
Aujourd’hui, Michel dort mieux. Et Alain se dit : « Si j’ai résisté à ça, je suis mûr pour la politique… » 
 
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Il pleut des confettis au Parc Asterix 
 
(3 septembre 2002, les joueurs d'Anderlecht se plaignent du tifo organisé par les fans mauves...) 
 
Berre, Bart et Freddy ont rendez-vous au café « La Coupe » en face du Parc Astérix. Le but ? « Alleï, on va organiseï mettre au point ce tifo. On est les meilleurrrrs en Belgèque, on va quand même pas laisser ça aux peïs du Standèrrrre... »  
- Berre : alleï, qu’avez-vous récolté pour le tifo de samedi, une fois ?  
- Bart : depuis le début du mois d’août, je faire le tour des écoles de la capitale pour leur demander de videï leurs perforatrices dans mon sac. Ma godverdomme, toutes les écoles, elles sont fermeï ! Y’a grééééévve ?  
- Berre : ma non, hein, zatlap ! Ca est les vacances, fieu !  
- Bart : potferdeke...  
- Freddy : j’ai piqueï tout le pq de ma mérrrre en stoemeling. Hier fieu, mon pééééérrrre gueulait dans les toilettes, j’ai du lui apporter sa Dernière Heure pour qu’il puisse nettoyer son derriéérrrre !  
- Bart : ja, c’était son derriéérrrre Heure !  
- Freddy : quand je suis descendu du bus chaussée de Mons, j’ai laissé tomber un rouleau par térre. Il a commenceï à se dérouleï. Alors, j’ai déposè les autres, hein fieu, pour courir après le premier. Arrivé en bas, j’ai rencontré Joske. Et tu sais quoi ?  
- Bart : non, fieu...  
- Freddy : c’était l’heure de la Kriek Belle-Vue… Et quand je suis revenu à l’arrêt du bus, on m’avait volé tout le pq !  
- Berre, consterneï : alleï, un peu de sérieux, faut qu’on leur en jette plein la vue ! Mais je dois bien avoueï qu’il m’est ossi arrivé un stûûût. J’avais prépareï de belles banderolles...  
- Freddy : Mais ça, c’est pas un stûût, fieu…  
- Berre : alleï, ècoute, fieu ! Y’ a eu le feu à la baraque d’à coteï, les pompiers ont tout arroseï et mes banderolles sont toutes salopeï...  
- Freddy : Merrrte alors ! Mais qui habite à côté de chez toi fieu ?  
- Berre : C’est Jeanke...  
- Freddy : Jeanke ? Celui à qui on a demandeï de prépareï les... fumigènes ?... Oh, meerrrtte !  
- Berre : ouais, fieu, j’ai appris ce matin qu’il fumait un pétard en préparant tout ça, et... bardaf, fieu, son joint a fait une embardeï dans les fumigènes… et il est hospitaliseï... Maintenant, il paraît qu'il est emballeï comme une momie fieu!  
- Bart : il ne faut pas se décourageï, hein, les kets. Berre, tu refais vite les banderolles, quand même personne ne comprend ce que tu écris ! Moi, je va racheteï de grands sachets de confettis et on remplacera les fumigènes par des briquets, comme au concert de Johnny Hallideï ! On va leur en mettre plein la vue aux peïs du Standard. Déjà que leur équipe, elle coule. Notre tifo va les achever fieu !  
 
Et c’est ainsi qu’eut lieu à Anderlecht-La Gantoise le tifo le plus risible de Belgique. Et qu’on pouvait lire dans la Gazette des Sports du 3 septembre : « Le tifo discutable. Pour la première fois, une animation d’avant-match (musique et canons à confettis ) avait été organisée. Celle-ci, jugée gênante, n’a en tout cas pas fait l’unanimité auprès des joueurs. Filip De Wilde et Yves Vanderhaeghe en tête. »  
 
Des ingrats, ces joueurs... 
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La saison des moules bat son plein 
 
(1/09/2002) 
 
A Sclessin, comme à la Vlaamse Kust, la saison des moules bat son plein.  
La moule Susnjara n’en finit plus de compter les projectiles qui atterissent dans sa coquille. Et elle se referme dès le match terminé pour ne pas entendre les commentaires proférés à son égard.  
La moule Van Meir est fidèle à elle même : bien en chair, dodue, voluptueuse et a tant de mal à se retourner qu’elle se laisse ballotter au gré des flots. Un petit coup de pince de crabe dans une partie charnue de son anatomie lui ferait le plus grand bien.  
Et la moule Okpara ? Ah, chuut, elle dort. Attendez la marée haute et peut-être qu’un jour, vous la verrez en action. La moule Drago, elle, crie du fond de sa coquille qu’elle et sa bande veulent être championnes. « Championnes des moules », voilà un titre qui sonne bien. Et avouons que c’est plutôt bien parti.  
Oh, mais que voit-on rouler là sur le sable ? La moule Moreira ! Toujours sur le fond, bousculée par un crabe, un crevette ou tout ce qui passe à sa proximité. Elle n’est pas loin de la moule Walem, autrefois célèbre dans des mers bien plus chaudes. Mais aujourd’hui, elle est plutôt frileuse. Elle hésite à s’ouvrir. Elle a peur. Peur qu’on la remarque, peur qu’on lui demande de prendre et d’assumer des responsabilités. La moule Goossens, elle, n’attend qu’une chose : qu’on la noie dans le vin blanc. Et la moule Lukunku, qu’espère-t-elle ? Qu’on la libère de cette coquille devenue trop étroite pour elle.  
Et la moule Preud’homme ? Pas là. Elle préfère prendre ses vacances dans les mers chaudes quand souffle la tempête. Reste la vieille moule Robert qui a connu tant de filets de pêcheurs que plus rien ne l’effraye.  
Dormez bande de moules, engraissez. Mais faites quand même attention, Sclessin est une casserole qui commence à chauffer dangereusement.  
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Un petit Roumain dans la Venise du Nord 
 
Ou la première journée d’Alin Stoica à Bruges  
 
8h15, le frêle Alin range sa Mercedes devant l’Olympiastadion. Il y est attendu par quelques supporters blauw en zwart, dont Dikke Lul, 115 kg de chair et d’amour. Ce cher Dikke Lul s’empresse de lui asséner une tape amicale sur l’épaule : « Saluke Alain, spreek je vlaams ? » 
La petite chatouille de l’amical brugeois projette les 62 kg du Roumain sur le capot de sa voiture. Légère luxation de l’épaule.  
8h20, le kiné brugeois remet l’épaule d’Alin place et le président De Nolf l’accueille à bras ouvert. « Oh, doucement », hurle Alin.  
8h30, Alin rejoint le groupe pour un petit déjeuner frugal : omelettes norvégiennes, saucisses bavaroises et gaufres de Bruxelles à la mode Vlaamse Kust. « Do you speak English » lui demande Sollied ?  
8h45, l’épaule en compote, l’estomac dans les talons, Alin rejoint l’équipementier du Club Brugeois. Il essaye son maillot. Problème : à Bruges, taille unique, le XXL. Alin se prend le pied dans le bas de sa vareuse, trébuche et se cogne contre une armoire. C’est avec une belle bosse sur le crâne qu’il rejoint ses coéquipiers. « Et dire que j’aurais pu signer à Pérouse », soupire-t-il...  
9h00 : l’entraînement commence : 50 tours de terrain pour se mettre en appétit. Alin n’en peut plus, a mal à l’épaule et rotte à l’omelette norvégienne tous les dix mètres. Mendoza passe à sa hauteur : « Habla Espanôl ? »  
9h30 : exercices physiques : poitrine contre poitrine, on se rentre dedans ! Les couples se forment, Alin reste en retrait jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un… Rune Lange Bilan : une fracture du nez pour Alin. Mais à Bruges, on ne s’arrête pas pour si peu ! Un sparadra et ça repart.  
9h45 : enfin, un ballon ! Petite exercice d’attaque-défense. Alin veut dribbler Simons mais il se fait aplatir par Birger Maertens qui retombe sur son autre épaule : « Sorry hein jong, je suis pas encore habitué que tu joues avec nous. Maar spreek je vlaams ? »  
10h00 : à l’infirmerie, le kiné lui remet sa deuxième épaule en place. Le président De Nolf entre : « Alin, viens, on te présente officiellement à la presse. » 
Deux épaules en compote, l’estomac ballonné, le nez cassé et une bosse sur le crâne, Alin arrive devant les photographes et les caméras de tv. Les questions fusent : « Spreek je vlaams ? Vas-tu apprendre le néerlandais ? Ecoutes-tu les chansons de Will Tura ? Quel programme de VTM préfères-tu ? Veux-tu poser nu pour Humo ? » 
Midi : repas frugal en groupe. Moules au vin blanc, frites. La discipline de groupe est sévère. Personne ne quitte la table avant d’avoir fini sa casserole.  
13h00 : dans l’estomac d’Alin, les moules se battent avec les saucisses bavaroises. Qu’importe, entraînement physique au camp militaire de Lombardsijde, à 30 km de la Venise du Nord. Ramper dans les dunes, tractions, abdos, descente en rappel de la tour de transmission.  
16h00 : retour vers Bruhhe. Peu habitué aux coutumes locales, Alin ne participe pas au concours de pets dans le car.  
18h00 : Après la douche, petite soirée Öberbayern pour renforcer les liens du groupe. Balloté entre Verheyen et Vander Heyden, Alin avale péniblement son litre de bière.  
Durant la soirée, le secrétaire du club apporte à Stoica un télégramme urgent en provenance de Bruxelles. « J’ai vu à la télé que tu étais épanoui dans ton nouveau club. Bon amusement, et surtout bonne chance. Mister Michel.» 
 
Ce texte a été repris par la Gazette des Sports le 27/08/2002 
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Journée portes ouvertes à Anderlecht 
 
(Juillet 2002) 
 
Oui, j'ai pu consulter le programme. Très alléchant, vraiment.  
 
Stand 1 : Constant Vanden Stock dédicace ses enveloppes. Une confession avec l'abbé Frank Baudoncq suivra. Le tout animé par Alain Simons de "Qui veut gagner des millions"  
Stand 2 : Bertrand Crasson reçoit les ouvriers pour leur dire que lui, il est riche et qu'il les méprise.  
Stand 3 : Mister Michel vous fait signer une pétition pour la D1 à un club.  
Stand 4 : Walter Basseggio vous fait goûter les pâtes de sa mama.  
Stand 5 : De Wilde dédicace vos albums Panini de l'Euro 2000.  
Stand 6 : rasage de crâne et perçage d'oreille gratos avec Ivica Mornaaaaaarrrr!  
Stand 7 : De Boeck vous vante les vertus du vote électronique dans les vestiaires.  
Stand 8 : Flanky Velcautelen vous explique comment on cohabite trois ans avec un entraîneur qu'on n'aime pas.  
Stand 9 : Annie Cordy vous dédicace son nouveau tube :"Zane-la-Tarzanne".  
Stand 10 : réservé aux hommes en noir. Marcel Van Langenhove vous présente le catalogue des cadeaux de relations publiques pour la saison 2002-2003.  
Stand 11 : un juriste explique à ceux qui n'ont toujours pas compris ce qu'est la "prescription".  
 
Stand 12: Votez pour le nouveau nom du club :  
a. Royal Sporting Club d'Andrlecht  
b. Royal Sporting Club d'Anderlecht Brussels  
c. Royal Manneken Pis Sporting club d'Anderlecht Brussels  
d. Royal Vanden Stock Sporting Brussels d'Anderlecht  
e. Royal Sporting Club Anderlecht Brussels Next To Zaventem Airport  
f. Royal Sporting Brussels Anderlecht and Nottingham's Friends  
g. Royal Manneken Pis Michou's Cafe Sporting Club Brussels d'Anderlecht  
h. Royal Manneken Pis Brussels Michou's Cafe Sporting Brussel The Spanish Ref's million and Nottingham 's Friends of Brussels  
 
Stand 13 : Prestidigitation. Alain le Magicien fait disparaître une lettre compromettante destinée à l'UEFA.  
 
Sur le terrain :  
 
- démonstration de shoots de rugby avec Yves Vanderhaeghe  
- affrontez Gilles De Bilde sur un ring de boxe  
- démonstration de golf avec Roger Vanden Stock  
- faites-vous tirer l'oreille par Aruna Dindane  
- Vos vêtements ont rétréci au lavage ? D'un coup de la main, Olivier Doll vous les allonge.  
 
Tombola:  
1e prix: les trois ans de contrat qu'il restait à Hugo Broos à Mouscron  
2e prix: un abo pour la champion's league 2002-2003 au Parc  
3e prix: un week-end gastronomique chez Michou, au Café la Coupe en face du stade.  
 
Animation musicale et karaoké:  
 
Alin Stoica , son come-back d'un jour, vous interprète : "Et maintenant, que vais-je faire ?"  
Kiki Vanden Stock : "J'attends l'amour"  
Les choeurs du O-Side : "Et le Standard c'est du caca, gnagnagnignagnagna..."  
Gilles De Bilde (entre 2 combats) : "L'agitateur"  
Oleg Iachtchouk : "Je suis malade"  
Aleksandar Ilic: "Quoi ma gueule..."  
__________ 
 
Les aventures d'un Argentin à Carolo-City 
 
(Début juillet, un Argentin passe des tests à Charleroi et repart sans demander son reste...) 
 
Faut le comprendre. Se farcir 15 heures d'avion jusqu'au Brussel South Charleroi Airpot (traduisez: aéroport de Gosselies). Là, un émissaire du club l'attend dans sa Fiat Punto. Au 26e essai, la Punto démarre. Dans la voiture, une radio FM locale passe les airs de Menzo Menzo et La Marche du Sporting. Giacomo, l'envoyé spécial des Zéép fume la pipe. Du tabac amoureusement cultivé sur un terril de la région. L'Argentin, vert, essaie d'ouvrir la fenêtre. Raté, c'est plus possible depuis deux ans.  
Il demande la ventilation. Giacomo le regarde en riant et lui souffle une bonne bouffée de tabac dans les naseaux.  
On approche de Charleroi. Feu rouge. La voiture s'arrête. Cinq individus encagoulés braquent Giacomo et notre Argentin. Car-Jacking! Adios la Punto.  
Giacomo qui ne recule devant aucun sacrifice continue à pied en chantant: "12 km à pied, ça use,ça use, 12 km à pied, ça use les souliers. La peinture à l'huile, etc..."  
Notre Argentin suit tant bien que mal. Ils arrivent à un arret de bus et montent dans le premier n° du TEC pour Charleroi. 300 mètres plus loin: grève générale, tout le monde descend! "On veut les 35 heures payées 82 et Roberto d'Orazio for president de la FGTB!"  
 
Giacomo: "11 km à pied, ça use, ça use. 11 km à pied, ça use les souliers".  
 
Et l'Argentin suit tant qu'il peut. Fatigué, toujours presque aussi vert, il a l'idée de faire du stop.  
 
Une voiture s'arrête. Quatre individus lui font signe de monter. Et notre ami s'engouffre dans le véhicule. 30 secondes après, il se retrouve avec une cagoule noire sur le museau. Adios la Master Card et ils lui arrachent les poils des jambes un à un pour lui faire cracher ses n° de code.  
 
De retour à Charleroi, ils le balancent dans la Sambre. Pas de chance, une péniche passait par là, et il rebondit dessus avant de tomber dans les eaux nauséabondes de ce canal.  
 
Il en sort péniblement et tombe nez à nez avec un clochard en-dessous d'un pont. En manque d'affection, celui-ci veut lui faire de grosses papouilles là où ça fait mal.  
Notre Argentin, vert avec des pustules rouges partout sur le corps senfuit en hurlant.  
 
Il est récupéré par une patrouille de police. "Papiers svp!". Ayant tout perdu dans ses mésaventures, il se retrouve à l'Amigo avec trois ou quatre coups de matraque sur le caillou.  
Cette nuit-là, la bande à pépé fait sauter le commissarait pour faire évader Peppone et Franky. Notre Argentin en profite pour se faire la malle, et ô miracle, il arrive enfin au boulevard Zoé Drion, le Stade du pays de Charleroi!  
 
Son regard s'illumine. Il s'adresse à l'accueil: "Esta Scifo ?"  
 
"Scifo s'est barré. Et toi, barre-toi aussi ou je te fais une grosse tête! On n'est pas chez Oxfam ici!", lui répond le préposé.  
 
Arrive le souriant et accueillant Delangre.  
"Bonjour Trainer", lui dit le préposé.  
 
"Trainer ? You Trainer", sourit enfin l'Argentin...  
 
"Oui, c'est moi, kektuveux Géronimo ?" répond Delangre.  
 
"Moi football!"  
 
"Ok,ok, répond Etienne. But do you as-tu some godasse m' ptity fi! because, véci, esta la pénurie!"  
 
Et notre Argentin de redescendre vers le Boulevard Tirou en hurlant "esta loco, esta loco!!!!"  
 
Et c'est ainsi que prirent fin les aventures d'un footballeur argentin à Carolo-City! 
__________ 
 
Etienne Delangre signe à Charleroi 
 
(14 octobre 2002) 
 
Condoléances Etienne. Une victoire en Coupe du Monde n'est rien à côté du drame que tu vis.  
Un conseil : prends le bottin (les pages jaunes) et cherche des magasins d'articles de sports, ils ont besoin de chaussures par là...  
Pour ma part, j'ai déjà fait un don à Godasses-sans-frontières pour aider cette zone en voie de développement.  
 
Quelques conseils d'ami: 
 
- ça ne sert à rien de dire que t'as mal à la hanche pour virer l'entraîneur local, il est déjà parti...  
- évite les discours du genre "Ah ça, au niveau joueurs, c'est pas Dison-Verviers. Mais faudra bien faire avec..."  
- ne dis pas "on ne gagnera pas beaucoup de match mais bon..."  
- demande toujours l'avis de la stareke-starrissimo locale, j'ai nommé El Dante avant de prendre une décision  
- en fin de saison, ne dis surtout pas : "aucun autre entraîneur n'aurait fait mieux avec un tel noyau"  
- méfie-toi du vent, il n'aime pas Charleroi, surtout à Saint-Trond.  
- achète une méthode assimil pour apprendre l'iranien (ou l'arabe, ou le Perse)  
- prends tout de suite une activité secondaire pour être sûr de pouvoir payer tes factures chaque mois. 
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Archives 
 
* Pour relire les délires de la saison 2001-2002, cliquez ici ! 
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Modifié en dernier lieu le 2.06.2006
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